Les spécificités de la prise en charge en gériatrie

Les spécificités de la prise en charge en gériatrie

La gériatrie est une discipline de la médecine qui prend en charge médicalement des patients âgés de plus de 65 ans dans une approche bio-psycho-sociale.

Son objectif principal est de préserver la meilleure qualité de vie possible aux personnes âgées et de leur permettre de vivre le plus longtemps possible de manière autonome, et de préférence à domicile. La gériatrie propose ainsi un modèle de soins adapté aux caractéristiques et aux problèmes de santé de ces patients (polypathologie, fragilité, dépendance, polymédication…). Le service de gériatrie de la Clinique Sainte-Marie nous ouvre ses portes. Rencontre avec l’ensemble des intervenants de l’équipe pluridisciplinaire.

Le Pôle de gériatrie

Le Pôle de gériatrie

La filière gériatrique des Hôpitaux Robert Schuman (HRS) assure la prise en charge hospitalière de la personne âgée. Située sur les différents sites de la Zitaklinik, de l’Hôpital Kirchberg et principalement au sein de la Clinique Sainte-Marie, elle comprend :

  • des services d’hospitalisation stationnaire de gériatrie. Ils ont pour mission d’assurer une récupération optimale des performances fonctionnelles de la personne âgée et de lui offrir une meilleure autonomie et une qualité de vie optimale,
  • un hôpital de jour dédié à la rééducation gériatrique,
  • des Unités Mobiles de Gériatrie (UMG). Elles interviennent auprès des personnes âgées hospitalisées et travaillent en étroite collaboration avec les équipes hospitalières, les structures médico-sociales et les réseaux de soins,
  • des consultations médicales spécifiques basées sur la rééducation fonctionnelle, la gériatrie et la consultation mémoire.
  • la durée moyenne d’hospitalisation d’une personne âgée est de trois semaines à la Clinique Sainte-Marie,
  • la prise en charge gériatrique est proposée dans tous les hôpitaux de notre pays.

Multidisciplinarité

La gériatrie est avant tout une médecine d’équipe. Différentes professions médicales et paramédicales travaillent en synergie pour garantir une prise en charge complète et adaptée aux besoins spécifiques de la personne âgée hospitalisée. Une réunion hebdomadaire est organisée pour que chaque intervenant puisse offrir son expertise dans le diagnostic et le suivi thérapeutique des grands syndromes gériatriques.

Voici un aperçu des différents intervenants qui composent l’équipe pluridisciplinaire du service de gériatrie à la Clinique Sainte-Marie :

Le gériatre

Le rôle du médecin gériatre est de prévenir et de soigner les maladies que l’on rencontre dans le grand âge. Son apport sur le plan médical avec les autres intervenants de l’équipe pluridisciplinaire permet d’offrir une meilleure qualité des soins. Le Dr Mauron explique : « Pour tout patient âgé en difficultés, nous nous efforçons au cours de notre prise en charge médicale de trouver un équilibre entre l’abandon coupable et l’acharnement thérapeutique malsain. Ceci implique la mise en place d’un travail d’équipe, mais aussi une volonté de réfléchir ensemble quant à la meilleure manière de traiter et d’accompagner chacun de nos patients. D’autre part, notre équipe de médecins gériatres et de médecins rééducateurs travaille aussi en partenariat avec l’ensemble des médecins des autres spécialités officiant au sein des Hôpitaux Robert Schuman. »

Collaborer avec les familles

Pour optimiser les projets de soins de la personne âgée, le gériatre proposera des entretiens médico-soignants aux familles. « Nous essayons de planifier une rencontre avec les familles dans les 72 heures qui suivent l’admission du patient. Ces entretiens permettent d’avoir une certaine continuité médicale et générationnelle. Nous décidons ensemble d’une prise en charge médicale. », indique le Dr Marcic.

« Il arrive parfois que les enfants soient dans la non-acceptation de l’état de santé de leur(s) parent(s). Dans ce contexte particulier, notre rôle sera d’expliciter aux proches du patient la gravité de l’état clinique de leur(s) parent(s), mais aussi de leur expliquer les bénéfices et les risques de notre prise en charge médicale. », note le Dr Mauron.

 Le soignant

Le soignant (infirmiers et aides soignants) participe à l’évaluation globale du patient (autonomie, nutrition, mobilité, prévention,…). Dès l’arrivée du patient, il fait une anamnèse complète pour établir un bilan de situation en tenant compte des besoins fondamentaux de la personne. Les résultats permettront l’établissement d’un projet de soins qui sera expliqué au patient et à sa famille. La prise en charge sera ensuite adaptée en fonction des difficultés observées ou encore du degré d’autonomie de la personne âgée. Ce bilan sera réévalué chaque semaine. Le soignant aussi un rôle dans le suivi quotidien des risques de la personne âgée. Il les liste, les évalue et communique tout incident à l’équipe pluridisciplinaire. Enfin, le soignant assure des actes de soins tels que la prise de paramètres (tension artérielle, fréquence cardiaque, température corporelle…), les soins de plaies, la mise en place d’une sonde urinaire etc.

« L’infirmier responsable est quant à lui garant de la qualité et de la sécurité des soins. Il manage et fédère l’équipe soignante autour du projet de service. Il a entre autres, des missions organisationnelles et de coordination dans la prise en charge des patients et dans la gestion des risques », précise Annie Joachimowicz.

Le neuropsychologue

Le rôle du neuropsychologue est d’évaluer les fonctions cognitives du patient lorsqu’il présente des troubles tels que un ralentissement cérébral, une perte de mémoire, des difficultés à s’adapter au quotidien. La réalisation d’un bilan cognitif, s’appuyant sur des tests spécifiques, contribuera à l’établissement d’un diagnostic médical et amènera la mise en place d’une prise en charge individuelle et/ou collective.

A la Clinique Sainte-Marie, les neuropsychologues organisent :

  • Un groupe de stimulation cognitive (en collaboration avec l’ergothérapeute): l’objectif est de stimuler les fonctions cérébrales et favoriser l’interaction sociale.
  • Un groupe de stimulation sensorielle et réminiscence (en collaboration avec la psychomotricienne): adapté aux personnes âgées qui ont des troubles cognitifs plus avancés. Le but est d’offrir une remémoration positive des souvenirs ainsi que d’apporter une stimulation cognitive par le biais des sens.

L’assistant social

L’un des rôles majeurs de l’assistant social est d’identifier les besoins sociaux et d’évaluer le projet d’avenir de la personne âgée hospitalisée. Il renseigne le patient et sa famille des différentes possibilités qui existent après l’hospitalisation. « Le retour à domicile est toujours privilégié. Lors d’une dégradation de l’état de santé ou d’une mise en danger réelle, le placement en maison de soins sera alors envisagé. », précise Bénédicte Feltesse.

Rachel Oestreicher ajoute : « Nous gérons toujours la sortie en dialogue avec la personne âgée et sa famille. De plus, nous travaillons en étroite collaboration avec les réseaux externes : maisons de soins, soins à domicile, offices sociaux, services de revalidation, assurance dépendance… Nous avons un vrai rôle de coordinateur. »

Le diététicien

« Chez une personne âgée, une dénutrition peut entraîner des risques pour la santé : perte musculaire, diminution de la défense immunitaire, apparition d’une escarre… C’est pourquoi, le diététicien s’occupe essentiellement du dépistage de la dénutrition en collaboration avec l’équipe pluridisciplinaire. », explique Véronique Lesur.

Le régime « gériatrique » à l’hôpital :

  • Les gériatres privilégient les régimes « normaux » même si le patient est diabétique ou hypertendu (sauf exceptions), plutôt que de donner un régime trop strict qui entraine une baisse de l’appétit (régime diabétique, régime sans sel…).
  • Le patient reçoit un régime enrichi, la texture des aliments sont adaptés selon les goûts/les aversions et les habitudes alimentaires de la personne âgée.
  • Ce régime comprend un goûter, ainsi qu’une soupe enrichie (avec de la crème, des dés de jambon…) pour absorber plus de calories avec de petites quantités.
  • Pour chaque patient, le diététicien fait un bilan nutritionnel. Si le patient est dénutri et si les enrichissements des repas ne suffisent pas des compléments alimentaires hyperprotéinés ou hypercaloriques seront proposés.

 L’ergothérapeute

L’ergothérapeute intervient sur prescription médicale en vue de rendre la personne âgée le plus autonome possible dans l’accomplissement des différentes activités de la vie quotidienne.

Marie-Emilie Dedrich explique : « Nous réalisons tout d’abord un bilan d’entrée des capacités cognitives et motrices du patient lors des activités de la vie quotidienne au moyen d’entrevues, de questionnaires et de mises en situations concrètes. Pour sa rééducation, et en fonction de son état clinique, le patient pourra  participer à différentes activités de groupe lors de son séjour hospitalier (Groupe équilibre, Groupe stimulation motrice, Groupe stimulation cognitive). »

Des prises en charges individuelles et des ateliers de relevés de chute en petits groupes sont aussi proposés. « Pour la réadaptation, nous donnons les outils nécessaires à l’autonomie du patient : techniques simples de mobilisation, fonctionnement de matériel technique (déambulateur, pince de préhension…), conseils divers ou encore mises en situations concrètes avec la famille. », indique Marie-Emilie Dedrich.

Le kinésithérapeute

La rééducation se fait de manière progressive. La prise en charge débutera en chambre de manière individuelle. Le kiné dressera un bilan de l'état fonctionnel du patient, dégagera des objectifs à atteindre et élaborera un plan d'action afin d'aboutir à une meilleure autonomie. Lors de sa prise en charge, le kiné utilisera des techniques de mobilisation actives et/ ou passives appropriées à l'état du patient. Dans certaines circonstances, tel qu'un état très grabataire, l'intervention de deux kinés sera nécessaire afin d'instaurer un climat de sécurité et de confiance. Les prises en charge sont journalières, à raison de une à deux fois par jour. Quand l'état du patient le permet, une intégration en salle de rééducation est envisagée. En effet, le patient y bénéficiera d'une prise en charge plus élaborée et de techniques complémentaires tels que la mécanothérapie, la physiothérapie, la pouliethérapie pour ne citer que celles-là toujours dans l'optique favoriser une meilleure autonomie du patient.

Le psychomotricien

La psychomotricité s’intéresse à l’ensemble des manifestations corporelles et psychiques d’une personne. Elle fait le lien entre les fonctions motrices, les fonctions cognitives, les fonctions sensorielles, l’état émotionnel et l’état relationnel.

Catarina Costa explique : « Le but d’une prise en charge psychomotrice est d’amener la personne à se réapproprier son corps, à retrouver un équilibre et mieux-être psychocorporel afin de pouvoir s’adapter à son monde environnant.

Elle est particulièrement indiquée en cas d’agitation, d’angoisses, d’anxiété, de désorientation spatio-temporelle, de troubles du schéma corporel, de postures douloureuses, de diminution des capacités motrices, sensorielles et/ou cognitives, de l’inhibition psychomotrice (repli sur soi, apathie), d’instabilité psychomotrice, de dépression, de soins palliatifs… ».

Le psychomotricien peut utiliser en gériatrie différents outils tels que la stimulation sensorielle, la mobilisation activo-passive, le snoezelen, le toucher-relationnel, la relaxation…

Le sophrologue

« La sophrologie est une méthode psychocorporelle non médicamenteuse qui associe le relâchement musculaire, la prise de conscience de la respiration et la pensée positive, et qui conduit à la recherche du mieux-être par l’intégration du schéma corporel. », indique Concepcion Karthaeuser.

Les applications de la sophrologie :

1. Dans la prise en charge de la douleur  physique (aiguë ou chronique)

Par des exercices de relaxation, de visualisation et de détente, la sophrologie agit sur les différentes composantes de la douleur. Un suivi de la douleur est toujours réalisé.

2. Gestion des émotions

S’appuyant sur des exercices dynamiques et statiques, la sophrologie permet de prendre conscience du lâcher-prise, de mettre des mots sur son ressenti, de libérer les tensions, de renouer avec son corps et ses émotions sur un mode positif.

3. Accompagnement et soutien des personnes en fin de vie.

Notons que la sophrologie est une aide qui vient en complément du traitement médical.

Un outil de visite virtuelle de la clinique est disponible sur le site web: www.csm.lu rubrique Infos Pratiques

Source de l'article

Letz be healthy - Numéro de novembre.

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