Eviction des allergènes d’acariens du domicile

Eviction des allergènes d’acariens du domicile

L’éviction des allergènes contribue à diminuer les symptômes chez des patients dont le diagnostic d’asthme allergique ou de rhinite allergique est posé.

Elle consiste à prendre toutes les mesures pour lutter contre la présence des acariens et limiter le contact de la personne allergique avec eux. Ces méthodes ciblant l’élimination des allergènes ne sont pas spécifiques aux allergènes d’acariens. Elles peuvent être appliquées à d’autres allergènes intérieurs, surtout ceux des chats et chiens.

Les méthodes physiques

La mesure la plus facile est la réduction de l’humidité relative à l’intérieur des habitations. Elle entrave efficacement la prolifération des acariens. Le mieux serait d’obtenir une humidité relative de l’ordre de 50 % et de diminuer la température de la chambre à  17-18 °C (ou 45% pour 20-22°C). Ceci implique une bonne aération, notamment lors du séchage du linge, de la cuisson des aliments, du chauffage au bois et une évacuation la plus directe possible de l’humidité générée par les douches et les bains. De plus il faut éviter les chambres en sous-sol (humidité toujours plus importante). On préconise d’aérer tous les jours 2 fois 15 minutes l’ensemble des pièces.

L’isolement des logements pour les économies d’énergie ne doit pas se faire au détriment d’une bonne ventilation, notamment grâce à une ventilation mécanique (VMC)  bien entretenue. L’entretien des bouches de VMC doit être mensuel et peut être vérifié par un geste simple tel que l’utilisation d’un papier absorbant placé près de la bouche qui doit être retenu par le flux d’air. Le contrôle du fonctionnement et l’entretien des VMC doit être régulièrement effectué par un professionnel.

L’aspiration

L’aspiration enlève partiellement la poussière, les acariens et leurs allergènes. Il faut éviter au maximum la dispersion de la poussière en privilégiant le balayage humide ou l’utilisation d’un aspirateur bien entretenu (sac et filtre changés fréquemment). Les aspirateurs munis d’un filtre HEPA (Haute Efficacité pour les Particules Aériennes) ne sont pas indispensables, mais en cas de renouvellement du matériel ce choix est judicieux. Il est important de changer les sacs régulièrement et de nettoyer les différents filtres.

 Lavage de la literie

Le simple lavage en machine, même à des températures inférieures à 60°C, a une action sur la réduction des allergènes et de la poussière contenus dans la literie et les peluches, mais ne tue pas les acariens, comme ils s’accrochent aux textiles. Un lavage dans de l’eau à 60°C tue les acariens et enlève les allergènes. On recommande de laver les couettes, couvertures et oreillers tous les trimestres en machine à 30-40°C. Pour les peluches, il faut limiter leur nombre et les laver tous les trimestres en machine à 40-60°C si possible.

Plusieurs études confirment que l’accumulation d’allergènes d’acariens est substantiellement plus importante dans la literie synthétique que la literie en plumes. Par contre on privilégie la literie synthétique, car elle a l’avantage d’être plus facilement lavable et à des températures plus importantes. Il vaut mieux remplacer les éléments de literie en plumes ou mettre des housses anti-acariens complètes par-dessus et les laver 2 fois/an. De plus, il faut laver les draps à 60°C toutes les semaines. Il faut éviter les rideaux, ou sinon les laver tous les trimestres à 60°C, et ranger les vêtements dans des armoires.

Les housses anti-acariens

Recouvrir les matelas d’une housse anti-acariens est facile et essentiel, comme le lit est de loin le site le plus important d’exposition aux acariens, vu le temps passé par les patients dedans. Différents travaux ont montré l’efficacité des housses pour matelas à réduire le taux d’allergènes dans la poussière recueillie à la surface.

On recommande donc de mettre une housse anti-acarien complète (enveloppant totalement le matelas) et validée autour du matelas et de la laver 2 fois par an. Le jour de l’installation de la housse, il faut laver l’ensemble de la literie (couette, oreiller, drap etc. à 30-60°C). Attention aux lits superposés ou avec des matelas côte à côte, il faut équiper les deux matelas. Les housses validées sont les suivantes: Dom’Hous, AllerHousse, Dyn’R, Acar-Housses, Immunoctem, Protec-som,...

Autres ajustements

Il faut également limiter les réservoirs d’allergènes en choisissant des revêtements de sol lavables, en donnant la préférence aux sommiers non tapissiers, et en limitant le mobilier capitonné et les tapis dans le logement d’un allergique. On peut remplacer un sommier tapissier contaminé par un sommier à lattes et la moquette par un revêtement de sol lisse (carrelage, sol plastique,…). Les sols lisses peuvent plus facilement être nettoyés par balayage humide. Par rapport aux canapés et fauteuils, ceux en cuir ou simili cuir sont préférables pour faciliter l’entretien et éviter l’accumulation de poussière. De plus, il vaut mieux limiter le nombre de plantes vertes, source d’humidité qui peut favoriser la prolifération des acariens.

Les méthodes chimiques

Un nombre de produits acaricides est sur le marché sous différentes formes : aérosols, shampoings à moquette, etc.  Leur efficacité est disputée. Les produits acaricides distribués par différents fournisseurs ont une efficacité réduite lorsque la charge en allergènes est trop importante. L’efficacité de ces produits est limitée par leur faible pénétration dans le support. Par ailleurs ces produits chimiques tuent l’acarien, mais ne dénaturent pas les allergènes (déjections,…). Ils doivent être non irritants pour les patients asthmatiques. En effet, les principes actifs utilisés sont souvent irritants voire sensibilisants.

Source de l'article

Letz be healthy - Numéro de décembre

Françoise Rath, Pharmacienne, Pharmacie de Frisange

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