Les allergies rendent la vie difficile à une proportion croissante de la population mondiale.
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Éternuements, asthme, éruptions
de la peau… le printemps et ses pollens ne manquent évidemment pas de les
rappeler à bon nombre d’entre nous. Zoom
sur ces désagréments du quotidien, et sur les travaux menés dans ce domaine par
les équipes du Pr Markus Ollert, directeur du Département « Infection and
Immunity » du Luxembourg Institute of Health (LIH).
Les allergies: un problème de santé publique
Classées 4e maladie
chronique mondiale par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), les allergies
touchent aujourd’hui environ 1 personne sur 5 dans le monde. Plus
spécifiquement, approximativement entre 2 et 8 % de la population mondiale
souffrirait d’allergies alimentaires, et les enfants seraient trois fois plus
touchés que les adultes.
Les allergies sont donc
aujourd’hui un véritable problème de santé publique. Il existe plus d’une centaine
d’allergènes susceptibles de provoquer ces réactions allergiques, et ceux-ci se
retrouvent aussi bien dehors (pollens, moisissures…), dans les bâtiments
(acariens…) que dans nos assiettes (cacahuètes, lait, œufs, soja…) !
Certes mieux diagnostiquées, les
allergies sont aujourd’hui également plus nombreuses et les causes de cette
augmentation sont multiples. Ce sont en effet des maladies multifactorielles et
complexes, favorisées à la fois par des facteurs environnementaux
(environnement aseptisé, changement de régime alimentaire) et génétiques
(sensibilité familiale, système immunitaire affaibli…).
Mais une allergie, c’est quoi au juste ?
Une allergie peut survenir à tout
moment et à n'importe quel âge.
C’est une réaction inappropriée
et excessive du système immunitaire, programmé pour protéger notre organisme
des éléments « étrangers », du non-soi en somme.
En pratique, une substance
étrangère (qu’on qualifie d’allergène) est identifiée à tort comme dangereuse
par l’organisme, et est ensuite attaquée par des anticorps pour être
neutralisée et éliminée. Ce sont ces anticorps appelés IgE, qui, de par leur
action combinée avec certaines cellules du système immunitaire, sont responsables
de la libération de molécules inflammatoires provoquant les symptômes que l’on
connaît: éruptions cutanées, démangeaisons, éternuements…
La recherche au LIH: zoom sur les allergies liées aux animaux
Pour
mieux soigner, voire prévenir les allergies, la compréhension du mécanisme
impliqué dans ces réactions trop violentes de notre système immunitaire est
essentielle.
Le LIH mène ainsi
plusieurs projets de recherche qui se focalisent sur l’étude des
allergènes (les molécules responsables de nos allergies) d’un côté, et sur
l’étude des réponses immunitaires (capacités de notre organisme à se défendre)
envers ces molécules, de l’autre. Une partie de cette recherche se focalise sur
les allergies respiratoires ou alimentaires liées aux allergènes issus des
animaux.
Nos animaux de compagnie: sources
d’allergènes ?
Et oui ! Les animaux de compagnie sont eux aussi une
importante source d’allergènes.
En Europe, environ 25% des ménages ont un chien ou un chat. Le
Luxembourg n’échappe pas à la règle, et une étude récente faite auprès de 1689
étudiants de lycée a montré que 66% des élèves avaient un animal de compagnie
et parmi eux 24% possédaient un petit mammifère (cobaye, lapin ou hamster par
exemple).
Les allergènes des animaux de compagnie, produits pour la majorité
par les glandes salivaires, sont présents dans la salive et les urines. Ils
sont facilement répartis sur les poils et répandus de cette façon au domicile
et l’environnement.
Alors que les allergènes de chien et de chat sont déjà bien
connus, ceux des petits animaux ne le sont pas, ce qui rend le diagnostic et le
traitement de ces allergies difficiles. C’est pourquoi l’équipe du Dr Christiane Hilger s’intéresse aux
allergènes des petits mammifères. Au cours des dernières années, les chercheurs
ont réussi à identifier des allergènes dans les poils de cobaye, de lapin et
récemment aussi dans ceux du hamster.
Le but de ces
recherches ? Caractériser les molécules responsables de ces allergies,
afin de développer des outils de diagnostic fiables et permettre de proposer un
traitement adéquat.
Et les allergies alimentaires ?
D’autres projets de recherche ciblant les allergies alimentaires, et plus spécifiquement les allergies aux poissons et fruits de mer sont menés par l’équipe du Dr Annette Kuehn. L’équipe de chercheurs souhaite ainsi identifier quels types de poissons déclenchent des allergies, et quels poissons sont par contre supportés par les personnes allergiques. Un travail qui, une fois mené à terme, devrait permettre aux patients de savoir plus précisément quels aliments consommer, impactant ainsi directement leur santé et les traitements donnés par les allergologues.
La station
d’aérobiologie, située sur le toit du Centre Hospitalier de Luxembourg, donne
des informations sur la teneur atmosphérique en pollens et en spores
de moisissures à Luxembourg-Ville.
Le
Luxembourg Institute of Health est un organisme de recherche public en
biomédecine. Visant l'excellence, ses chercheurs, par leur créativité, leur
enthousiasme et leur engagement, génèrent des connaissances sur les mécanismes
des maladies et contribuent à la mise au point de nouveaux diagnostics, de
thérapies innovantes et d’applications cliniques qui influent sur la santé des
citoyens luxembourgeois et européens. Les activités du Luxembourg Institute of
Health sont développées autour des thématiques de recherche suivantes:
l’oncologie, les maladies infectieuses et immunitaires, la santé de la
population.